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Il a fait la ville... Partagez un moment d’histoire avec ce Berrois qui se souvient...

Albert Samson - B&V Septembre 2025

Mémoire de résistant - Albert Samson : ce nom vous parle-il ?
Savez-vous pourquoi le port de Berre est baptisé ainsi ? Et bien, Albert Samson est le nom d’un grand homme qui a marqué l’histoire de Berre, celui d’un résistant engagé pour la liberté de la France. Albert Samson est aussi le nom de son fils, Berrois de 96 ans qui continue à transmettre la mémoire de sa famille.

C’est avec émotion qu’Albert Samson raconte l’histoire de son père. Celui-ci, né en 1903 en Normandie, arrive à Berre en 1923 à la base aéronavale en tant que mécanicien puis pilote. Il obtient d’ailleurs son brevet de pilote la même année que la naissance de son fils Albert, en 1929. Au début de la 2nd guerre mondiale, il est chassé de l’administration française par le régime de Vichy. Lors de l’invasion de la France par les Allemands, Albert Samson intègre les forces françaises libres avec un groupe de Polonais. Une organisation clandestine de résistance pour laquelle il assurera des missions d’espionnage. À Berre, il ouvrira un cabinet de transactions immobilières en centre-ville lui permettant de recevoir des visites sans attirer l’attention. « Moi-même j’aidais mon père en transportant des documents entre le bureau et la maison. Dans la famille, tout le monde faisait de la Résistance » raconte Albert Samson fils.

De l’arrestation à la fusillade
Albert Samson sera arrêté par les Allemands et détenu 6 mois, aux Baumettes à Marseille. Sa famille pourra alors lui porter des affaires sans jamais pouvoir le voir, lui parler. « Cette
période était très difficile pour la famille, alors sans revenu mais également mal vue par les autres. Nous étions considérés comme dangereux, on nous fuyait »
se souvient son fils. Très rapidement, la famille a su que le père n’était plus à Marseille et est restée sans nouvelles de lui. À la libération en août 1944, c’était le retour des résistants mais Albert Samson ne rentrera pas, un choc pour sa famille, qui, aidée par un bijoutier Berrois a engagé des recherches à Lyon, ville où semblait-il avait été détenu Albert Samson.
Malheureusement, les investigations ont conduit à la conclusion de sa mort le 19 juillet 1944, à l’âge de 41 ans, à Châtillon–d’Azergues, fusillé comme 52 résistants qui avaient refusé de collaborer avec les Allemands.
Son grade de l’armée lui sera restitué à titre posthume. Le port de Berre sera baptisé Albert
Samson, en sa mémoire en 1993.

Sur les pas de son père
Albert Samson, fils, marqué par l’histoire de son père, continue son chemin. Il entre dans la marine à l’âge de 16 ans et embarque dans un sous-marin. Il rencontre sa femme Jacqueline à Lorient, ville alors en ruines après la guerre.
Ils rejoindront Berre, ville d’enfance d’Albert et s’installent à la cité de la Molle en 1974. Ils ont 4 enfants et Albert fera carrière à la raffinerie de la ville. Passionné de sport, Albert s’est investi pour sa ville en étant à l’origine du club de plongée local aux côtés de Claude
Jouve et Georges Gérin. D’ailleurs, ensemble, ils pratiquaient la chasse sous-marine, une
passion qui les conduisait régulièrement dans les eaux de la Méditerranée. Bien sûr, l’histoire de sa famille reste ancrée. Albert, entouré des siens, s’est rendu plusieurs fois sur les lieux de la fusillade de son père.

René Coste - B&V Juillet/aout 2025

Récits sur la résistance berroise

René Coste , l’une des mémoires de notre ville, nous parle de la Résistance à Berre pendant la seconde guerre mondiale. Comment était-elle organisée ? Qui étaient les Berrois engagés dans les réseaux de Résistance ? Ce passionné d’histoire a rassemblé des témoignages forts qui en disent long sur l’histoire de Berre.

La Résistance à Berre, c’est avant tout les récits de femmes et d’hommes qui se sont engagés pour leur pays en menant des actions contre les forces de l’Allemagne nazie et contre toutes les structures du gouvernement de Vichy.
Impossible de parler de la Résistance à Berre sans évoquer la base aéronavale qui a joué un rôle central et stratégique. En effet, épargnée en début de guerre, c’est l’arrivée des militaires Allemands sur cette base qui a marqué le début de l’occupation de la ville le 27 novembre 1942. De là, différents réseaux indépendants se sont mis
en place dont il est encore aujourd’hui difficile de référencer tous les noms et les membres, car les documents officiels se font rares malgré les efforts de René Coste.

Des Berrois de tous horizons engagés dans la Résistance
Enfants, petits-enfants, neveux et nièces de Résistants racontent l’histoire de celles et ceux, aujourd’hui disparus, qui ont fait l’honneur de Berre. Les actes de Résistance étaient variés : renseignements, hébergement de personnes recherchées ou sabotages comme ceux des hydravions allemands par les mécaniciens STO (Service du Travail Obligatoire). L’un des faits les plus marquants est la mobilisation pour défendre le relai téléphonique et radio du massif de l’Étoile, essentiels pour les communications militaires françaises (bataille féroce de 48 heures où les résistants ont affronté directement l’armée allemande). Au départ des Allemands le 20 août 1944, la coupure d’un câble électrique par les Résistants a permis de sauver plusieurs hangars dont celui qui abrite actuellement la piscine.
Cette « armée de l’ombre » a rassemblé des hommes et des femmes ordinaires engagés ou non dans des réseaux qui ont fait des actes héroïques.
Certains sont tombés pour leur engagement.
Un monument au mort, place Joffre, garde en mémoire 12 noms. Mais tous les braves ne sont pas connus en raison de la discrétion qu’impliquait d’être dans la Résistance. Parmi ces Résistants Berrois, le plus emblématique est Albert Samson.
La ville de Berre a honoré son sacrifice en donnant son nom au port de Berre.
Cette histoire de la France est aussi celles des ennemis, les Allemands. C’est avec émotion que René Coste nous livre une anecdote « En séjour dans le Pacifique dans les années 90, je rencontre un Allemand très âgé qui, lorsqu’il a appris que j’étais Berrois, me raconte, les larmes aux yeux, avoir été basé à Berre l’Étang pendant la guerre. Il garde un souvenir ému de cette période ».

  • René Coste, également passionné de biologie marine et amoureux de l’Étang de Berre fait vivre cette mémoire de la ville et de l’Étang grâce à des interventions à la médiathèque, dans les écoles, avec l’UBTL, le pôle culture, sur des événements municipaux et sur son site internet qu’il partage avec un ami très cher, Hervé Martinez http://infos.etangdeberre.free.fr/


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